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Actualité sucrière

Le 27/04/2015

Compétitivités sucrières mondiales : les parités monétaires changent la donne

Depuis août dernier, le cours mondial du sucre a-t-il baissé ou a-t-il monté ? Aussi surprenant que cela puisse paraître, il n’est pas possible de répondre à cette question si on ne précise pas dans quelle monnaie on raisonne... Et pour cause : ces 8 derniers mois, les parités de certaines monnaies ont connu des évolutions opposées. L’Euro a ainsi perdu pas loin du quart de sa valeur et le Real plus du tiers. Certaines monnaies s’en sortent mieux : la Roupie indienne ne décroche que de 4 % face au dollar, et le Baht thaïlandais ne perd pas 2 %.
Rappelons que le Brésil, principal fournisseur mondial de sucre, impose le prix du sucre au reste du monde. Mais ce prix est libellé en dollars ! Dès lors, même si le cours du sucre brésilien reste plutôt sage en Real, ce même cours, libellé en dollar, chute d’autant... Si l’on indique un cours du sucre à 100 pour toutes les monnaies à la fin août dernier, et que l’on regarde la situation à l’heure actuelle, on constate que le sucre vaut plus de 110 en Real, moins de 85 en dollar ou en Baht thaïlandais... et toujours 100 en Euro ! Le cours a été stable en Euro, a pris 10 % en Real et en a perdu 15 % pour les monnaies plus stables face au dollar ! Quel effet chez les protagonistes mondiaux du sucre ? Au Brésil tout d’abord : la compétitivité du sucre brésilien a été accrue de près de 40 % ! En Europe, la chute de l’euro a compensé la chute des cours en dollar et sa compétitivité a progressé de plus de 20 %. En Thaïlande, la stabilité du Baht thaï impose une stabilité de sa compétitivité – autant dire une perte puisque ses concurrents progressent. Dès lors, Bangkok pourrait ralentir, voire suspendre sa politique d’expansion. Quant à l’Inde, elle a décidé en février dernier la mise en place d’une aide à l’exportation de sucre roux, qui semble néanmoins s’avérer insuffisante, et qui pourrait même être étendue au sucre blanc sous peu... Les filières sucrières de ces pays paieront cher leur stabilité monétaire.


Source: Le Betteravier français