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Actualité biocarburants

Le 17/02/2015

Interview d’Alain Jeanroy, directeur général de la CGB

« Il est urgent de clarifier le cadre réglementaire sur les énergies renouvelables » Dans la perspective de la Conférence sur le climat de Paris 2015 (dite COP21) qui se déroulera en novembre, quel rôle peuvent jouer les biocarburants ? Avec 14,3 % des émissions mondiales en 2010, les transports sont un des principaux secteurs émetteurs de gaz à effet de serre (GES). Ces émissions vont en augmentant avec le développement économique. Le Giec prévoit un doublement au niveau mondial d’ici à 2050. D’ailleurs, les chiffres sont bien plus élevés en Europe. La part des transports dans les émissions de GES s’élève à 24 % en Union Européenne, et dépasse même 27 % en France, ce qui fait de ce secteur le premier émetteur de notre économie. Alors oui, les biocarburants ont un réel rôle à jouer.
Comment peuvent-ils contribuer à réduire ces émissions ? Le projet de loi de transition énergétique indique la volonté de la France de réduire sa consommation énergétique finale en énergies fossiles de 30 % d’ici 2030 par rapport à 2012. Le secteur des transports sera mis à contribution. Aujourd’hui, la France incorpore moins de 6 % (en énergie) de bioéthanol dans les essences, alors que l’objectif fixé par la France depuis 2010 est de 7 %, d’où l’obligation de la part des distributeurs de payer la TGAP qui représente une enveloppe d’environ 150 millions d’euros par an. Pour respecter la future loi de transition énergétique, l’objectif devra passer à 15 % d’énergie renouvelable à horizon 2030, comme l’a proposé le ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie dans une première communication. Nous demandons que cet objectif de 15 % soit inscrit dans la loi spécifiquement pour les transports - comme il l’a été à hauteur de 10 % pour 2020 - dont 10 % de biocarburant de première génération. Pourquoi le marché de l’éthanol est en souffrance actuellement ? Les acteurs français de ce secteur avaient adapté leurs outils industriels pour fournir 10 % du marché français, forts d’un soutien de l’Etat et d’une réglementation solide. Or, l’objectif a été revu à 7 %, ce qui les a obligés à se tourner vers l’exportation essentiellement européenne. Mais là encore, la stratégie énergétique est remise en cause. Il est urgent de clarifier et de stabiliser le cadre réglementaire européen après deux ans de débats. Dans la directive en attente de signature, 10 % d’énergie non renouvelable dans les transports, avec 7 % de biocarburants de première génération constituerait une solution équilibrée et que nous attendons. Cela relancerait la consommation dans l’EU et soulagerait les marchés.


Source: Le Betteravier français