Les produits

La pulpe

La transformation industrielle des betteraves consiste essentiellement à en extraire un jus sucré qui deviendra sucre ou alcool. Cette opération entraîne l'apparition d'un coproduit dénommé "pulpe de betterave".

Celui-ci représente un tonnage important puisque le traitement d'une tonne de betteraves donne environ 500 kg de pulpe (à 90 % d'humidité).
De tout temps, ce produit a été repris par les planteurs de betteraves pour l'alimentation de leur bétail.

Le règlement européen 206-68 a stipulé que "tout planteur a droit à la restitution gratuite, départ usine, de la totalité des pulpes fraîches ou de la pulpe surpressée provenant du tonnage de betteraves mis en œuvre par l'usine".
Cette disposition constitue une originalité. En effet, il n'existe pas, dans l'industrie agricole et alimentaire, d'autre cas où l'entreprise ne devienne pas pleinement propriétaire du produit agricole livré et se trouve dans l'obligation de restituer les produits dérivés de la fabrication à ses fournisseurs.
Cette circonstance particulière a de multiples conséquences sur l'économie de ce secteur : les planteurs sont notamment très impliqués dans l'industrie de traitement des pulpes.


Pulpe humide
Depuis toujours, la pulpe reprise par les planteurs a été ensilée et distribuée pendant l'hiver aux animaux (bovins essentiellement).

La pulpe fraîche ensilée a une excellente valeur alimentaire. Toutefois, elle présente trois inconvénients majeurs :
• les pertes en cours de conservation sont abondantes par écoulement de jus et particulièrement lorsque l'ensilage n'est pas réalisé avec un très grand soin ; cela nécessite des investissements coûteux de mise aux normes des silos afin de maîtriser les écoulements de jus ;
• la pulpe fraîche ensilée dégage une odeur désagréable, qui constitue une gêne pour l'environnement et rend pénible la tâche de l'éleveur ;
• le produit, très pondéreux, ne peut être utilisé que localement : or, au cours des années passées, l'élevage a eu tendance à régresser dans les zones de culture betteravière.
 

Pulpe déshydratée (ou pulpe sèche)

Une réponse aux inconvénients de la pulpe humide a été développée la technique de séchage des pulpes : on extrait du produit la presque totalité de l'eau qu'il contient et on la granule.

La pulpe ainsi déshydratée :
• peut être conservée intacte pendant de très longues périodes
• est susceptible d'être expédiée sur de grandes distances et donne lieu à un commerce national et international
• possède une excellente valeur nutritive, est très appétente pour les animaux, et facilite le travail de l'éleveur au niveau de la distribution des aliments (elle est consommée par le bétail et en l'état).


Pulpe surpressée ensilée
La pulpe humide, au sortir de fabrication, fait l'objet d'un pressage à haute teneur afin d'extraire une partie de l'eau qu'elle contient et cette pulpe pressée (ou surpressée) reprise par les éleveurs, est ensilée.

Une partie des inconvénients inhérents à la pulpe fraîche ensilée a disparu : il n'y a plus de mauvaises odeurs et les pertes durant la conservation sont négligeables, mais l'ensilage est une opération délicate, qui requiert beaucoup de soins de la part du producteur et de l'agriculteur, et ce produit ne peut, compte tenu des coûts, être transporté sur de longues distances.

Aussi, afin d’élargir les débouchés à des régions limitrophes aux régions betteravières tout en améliorant la conservation, les producteurs n’ont cessé d’accroître le taux de matière sèche des pulpes surpressées qui est passé de 20 % dans les années 1980 à 26 - 27 % en 2003, certaines usines atteignant 30 % de matière sèche.

Il convient de noter que la pulpe surpressée ensilée, apparue vers 1976, ne s'est pas, au début, développée aux dépens de la pulpe déshydratée, mais aux dépens de la pulpe fraîche ensilée classique. Toutefois, à partir de 1981, compte tenu de l'augmentation très importante du coût de l'énergie, la pulpe surpressée a eu tendance à empiéter également sur la pulpe déshydratée, dans les régions d'élevage. Depuis 1996-97, avec des contraintes plus strictes de qualité des laits et la diminution des élevages dans les régions betteravières, la demande de pulpe surpressée va en régressant.

Comme tout autre silo de fourrage, les silos de pulpe surpressée doivent respecter les normes de construction et d’implantation imposées par les dispositions environnementales.

 

D'autres débouchés pour la pulpe
La pulpe de betteraves est un excellent aliment pour les ruminants (vaches laitières, bovins, ovins, caprins) ; elle est également utilisée avec succès en alimentation porcine ainsi que pour les chevaux et pour les lapins.

La pulpe peut également être valorisée à d'autres fins :
• c'est une source importante de pectines, pour la cosmétique ou le traitement des effluents,
• les fibres qui la composent, non digestibles par l'homme, incorporées aux aliments, favorisent le transit intestinal,
• c'est un milieu organique, support nutritif de micro-organismes susceptibles de corriger sa valeur alimentaire ou produire des enzymes (en particulier des pectinases),
• les différents acides constitutifs des pectines sont la matière de base pour la synthèse de tensio-actifs biodégradables,
• de la vanilline naturelle peut être obtenue par biotransformation de la pulpe,
• on peut l’utiliser également en surpressée ou déshydratée dans l’industrie papetière,
• comme « déchet » ultime, la pulpe peut être épandue ou brûlée.



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